JOUR 4 Ma baby-sitter est un peu casse-bonbon, mais tellement utile!

Publié le 11 Septembre 2012

JOUR 4  Ma baby-sitter est un peu casse-bonbon, mais tellement utile!

L'initiateur de l'éducation non violente devait avoir une femme de ménage!

Bah oui parce qu'à force de tout remettre à demain pour rester zen, et bah ya plus personne qui a un slip propre dans la maison, dans la cuisine ça colle par terre et ya de la peinture sur la table du salon.

Enfin moi je m'en fiche d'avoir une maison sans dessus dessous mais bon faut pas exagérer, va falloir que je réussisse à tout faire. Et c'est bien ça le problème, parce que moi je serai la meilleure maman du monde si j'avais plus de temps, du temps pour me reposer, du temps pour ranger, du temps pour prendre soin de moi, oui et une télécommande pour mettre les enfants en "pause"!

Bon donc c'était tendu ce soir, dur de tout gérer en gardant son calme. Surtout quand mon petit cookie fait ses dents. Bah oui je lui ai bien proposé de signer pour "ne pas crier pendant 21 jours" mais il m'a répondu "Blurp". J'ai aussi un mari qui aujourd'hui travaille jusque 22h!

Bref j'ai donc confié ma frisée à sa baby sitter le temps de faire le ménage. Oui j'ai une baby sitter extraordinaire, pas chère, toujours dispo, elle lui aprend même quelque mots d'anglais, bon elle fait une fixette sur les sac à dos, est tout le temps paumée, si bien qu'elle sort sa carte michelin toute les deux minutes et elle répete 15 fois la même chose. J'ai bien conscience que je dois pas abuser de sa gentillesse, mais pour une heure par jour elle me dépanne grandement.

Il m'est toujours difficile de faire la part des choses entre gronder, crier, hurler, parler fort et exprimer ses émotions. Ai-je crié ou parlé fort? Ai-je dit ce que je ressentais sans être aggréssive? Ai-je dépassé la limite?

Ne pensez pas que je suis à présent tout sucre tout miel avec ma fille. Je m'approche parfois trés trés prés des limites que je ne veux dépasser.

J'avais entendu le témoignage de Stéphanie Allenou, éducatrice et auteur de "Mère épuisée" qui expliquait comment elle s'est vu progréssivement devenir maltraitante envers ses enfants. Son témoignage m'avait beaucoup touché, il avait résonné comme une mise en garde. Parce que c'est jour aprés jour, petit à petit que l'on devient violent (dans les mots ou dans les actes).

Avant ce pari, je montais des escaliers éducatifs, je montais une marche à chaque fois que la méthode éducative utilisée ne marchait plus. Je me sentais obligé de crier encore plus fort pour qu'elle m'écoute, ou de dire des mots de plus en plus durs. J'usqu'à ce qu'un jour j'arrive en haut de mon escalier, qu'il n'y ai plus de marche, plus de cris qui puissent etre plus fort ou de mots plus durs. Epuisée, me sentant coupable d'avoir été trop loin, d'avoir été une mauvaise mère. Alors je redescendais me promettant de ne plus jamais remonter,mais quelques temps plus tard je remontais. Je me déculpabilisais en me disant que je n'ai jamais pris l'escalier des fessées. Mais les mots aussi font mal. Comment sortir de ce shéma, je ne sais pas je n'ai pas encore trouvé. Peut être mettre le haut de l'escalier plus bas. C'est ce que j'ai fait avec ce pari. Du coup j'ai un tout petit escalier de trois marches que je monte et redescends trés vite mais au moins je ne culpabilise plus. Mais cest trés dur pour moi de ne pas monter cette quatrième marche, parce qu'aprés tout, elle est quand meme acceptable (crier fort de temps en temps n'est pas catastrophique).

Mais je me dis que comme ca j'éviterai l'escalade.

J'espere que ma métaphore n'est pas trop tordue.

Un cri d’alarme
Stéphanie Allenou, Nantaise de 37 ans, éducatrice et mère de trois enfants, témoigne dans son premier roman « Mère épuisée » publié aux éditions Les Liens Qui Libèrent, des risques majeurs tant d’un point de vue psychologique, que social, professionnel et conjugal, à devenir mère aujourd’hui. Son roman est un véritable cri d’alarme qui met à jour un symptôme méconnu : le burn-out, en clair l’épuisement maternel, d’une certaine manière comparable au burn-out professionnel mais ignoré de notre société tant il porte atteinte à l’idéalisation de la mère. Pourtant sous ses diverses expressions (à chacune sa façon de réagir), qu’il s’agisse de dévalorisation de soi, de tristesse, de démobilisation, d’agressivité, de troubles du sommeil, de sentiment de solitude, d’indifférence, allant jusqu’à des gestes parfois violents envers les enfants, ce burn-out touche près d’une femme sur trois !

« Pourquoi n’ai-je pas supportée
comme toutes les autres mères
cette expérience si ordinaire ? »

C’est le cas entre autres, de Stéphanie Allenou. Si son désir d’enfant est intact, si sa fierté de voir ses enfants grandir sous ses yeux reste un émerveillement, sa traversée maternelle frôle chaque jour le drame. Elle se sent peu à peu envahie de doutes et de peurs. Sentiments de solitude, d’isolement, de perte de contrôle, puis la violence ordinaire sous le regard de tous ceux qui ne veulent pas voir.
Dans ce livre , Stéphanie décrit son quotidien, celui d’une mère heureuse qui a décidé de ne pas travailler pour élever ses enfants et qui se transforme peu à peu en mère automate. Une mère désemparée, dépersonnalisée qui perd jusqu’à l’usage des mots. Elle raconte les détails de la vie, si banals et qui ont pourtant des répercussions profondes sur sa personnalité. Son incapacité grandissante à prendre soin de ses enfants, à ressentir tout simplement leurs besoins. Telle cette scène : les bras chargés de linge, elle bouscule son fils de 18 mois, ne se retourne pas, continue machinalement son travail alors que l’enfant est à terre, pleure et l’appelle.

Stéphanie dit sa stupeur, son désarroi face à cette part d’elle-même qui s’irrite si facilement, crie, tape, exige, oublie la vulnérabilité de celui à qui elle s’adresse. « Pourquoi me suis-je sentie si seule ? », questionne l’auteur, « Pourquoi l’état de crise s’est il ainsi installé dans mon quotidien ? Pourquoi n’ai-je pas supportée comme toutes les autres mères cette expérience si ordinaire ? »

http://www.jemesensbien.fr/2011/enfants/mere-un-metier-epuisant/

"L’objectif de la communication non violente est de réussir à améliorer le bien-être de chacun en établissant un courant de dialogues bienveillants.



Il y a quatre points essentiels :

• observer la situation,


• exprimer ce que vous ressentez,


• préciser vos besoins,


• faire une demande précise et concrète.



Cela peut donner par exemple « lorsque tu laisses trainer tes jouets dans le salon (observation) ça me met très en colère (sentiment exprimé) car j’ai besoin d’un peu plus d’ordre dans les pièces que nous partageons (précision du besoin). Pourrais-tu s’il te plaît ranger tes jouets dans ta chambre ? (demande précise et concrète) ».



Afin de pouvoir établir une communication non-violente, il est important d’essayer de savoir quels événements déclenchent l’envie de s’exprimer chez l’un et chez l’autre, de connaître les émotions qui sont éveillées en chacun, de déterminer quels besoins personnels génèrent ces émotions et enfin, quelles actions spécifiques chacun souhaite-t-il accomplir (ou voudrait−il qu’autrui accomplisse) ?



Pour résumer, il faut commencer par décrire les faits, sans coller d’étiquettes ni faire de morale. Ensuite, mettre en lumière les sentiments et les besoins en évitant les reproches ou une attitude défensive. Et pour finir, demander les actions que vous souhaitez en n’utilisant pas les exigences, la menace, les ordres ou la manipulation.

brin d'infos

Rédigé par Lisa

Publié dans #Chez nous

Commenter cet article

So' 02/10/2012 11:47

Rhooo, comme ça me parle fort aussi ! Gravir les marches, les mauvaises, et se dire, mince mais après cette marche y'a quoi ? Faut que j'arrête là, non ?! Et même sans fessées, sans giffles, on peut être aussi violent dans les gestes et les mots ...

gagou 20/11/2012 20:01

ho ben moi c'est l'inverse, j'essai désespérément d'offrir à mes enfants la même enfance que la mienne... J'idéalise sans doute le mode d'éducation de ma maman qui n'a jamais vraiment crié sur nous (et pourtant on était 5, dont 4 quasiment du même age!!!), je suis très proche de ma maman et j’espère recréer la même complicité avec mes garçons! du coup je me sent un peu mieux quand elle me dit que c'est normal qu'il m'arrive de craquer... qu'elle aussi est passé par là. Je me dis que finalement j'ai peut-être une chance de devenir une aussi bonne maman qu'elle! :-)

Lisa 10/10/2012 21:56

Merci Caro, je pense aussi souvent à l'enfant en moi, qui parfois crie au scandale parce qu'il est jaloux!

Caro 10/10/2012 08:59

J'aime cette métaphore de l'escalier. Je m'y retrouve. Comme toi un jour, je n'ai plus trouvé de marches à gravir et j'ai commencé à redescendre.
C'est important d'être doux avec soi-même, indulgent et tendre, comme on veut l'être avec nos enfants. C'est important de prendre soin aussi de ce petit enfant que nous avons été et qui n'a sans doute pas reçu autant (d'écoute, de respect...) que ce que nous essayons de donner aux nôtres. Quand je craque, quand ce que mes enfants font ou disent me renvoie violemment aux manques de mon enfance, je vais voir la petite fille que j'étais, je l'écoute pleurer, j'écoute sa tristesse, sa peur ou sa colère, et je lui fais un câlin. Petit à petit ces aller- retour se font moins nombreux, les cris et la violence verbale aussi... Merci Lisa pour ton blog très inspirant et soutenant.

Lisa 02/10/2012 14:18

Je ne voulais plus jamais me coucher le soir en me disant, je l'ai trop gronder aujourd'hui, pour des choses pas si grave, sans obtenir aucun meilleur résultat que si j'étais restée calme.